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Pour m'écrire



La vérité sort de la bouche des enfants

Notes de commentaire au thème de Marcel Aymé

 

 

IL FAILLIT

A punto de

A pique de a le même sens mais exige un sujet personnel (estuvo a pique de matarse) et se restreint au passé.

Por poco demande aussi un temps unique : le présent (por poco me caigo).

Le seul qui soit tout terrain est a punto.

 

LE PIRE

Le mieux est de traduire tel quel : lo peor. Mais il existe d’autres tournures et des expressions qu’il convient de connaître.

Je crains le pire : temblando estoy (tiemblo de pensar en lo que va a ocurrir, dit le dictionnaire de Maria Moliner)

Pour parler d’une dispute générale : Armarse un líola de (arder) Troya, formarse un lío, formarse un Cristo (scène violente en général) armarse la de Dios es Cristo. Autres expressions avec Cristo : todo cristo = todo el mundo ; pasar la de Dios es Cristo = en voir de toutes les couleurs ; poner a uno como un Cristo = maltratarlo, insultarlo, poner como un trapo)

 

QUI

La proposition relative qui va jusqu’à « pantalon du dimanche » se trouve entre virgules. C’est une relative explicative et non déclarative. Pause de la ponctuation > « quien » en espagnol au lieu de « que ».

Exemples de la règle :

Los franceses que se interesan por la política votaron el domingo. (Seulement ceux qui s’intéressent à la politique ont voté).

Los franceses, quienes se interesan por la política, votaron el domingo. (S’intéresser à la politique est une caractéristique des Français, c’est ce qui explique qu’ils aient voté dimanche)

 

SIGNALER

“Señalarse a la atención de” est un gallicisme

“Señalar a alguien” = montrer quelqu’un du doigt

“Señalarse” = se distinguer (en bien ou en mal) “No te señales” = ne te fais pas remarquer.

Penser plutôt à des verbes comme : “Había despertado, provocado”.

 

SON PANTALON

Pb des articles et des possessifs. L’espagnol emploie le verbe réfléchi et remplace le possessif par un article : ponte la gabardina, cállate la boca

 

AILE

Ala, alón. Cuisse = muslo. Blanc = pechuga. La dinde de Noël : el pavo. Pelar la pava = faire la cour (pop).

Pb de l’article devant les mots féminins commençant par A. Règle : article défini masculin devant un nom féminin singulier commençant par A ou Ha tonique: El agua, el águila, el alza, el hada, el hambre (exceptions : La Haya, la árabe). Mais le nom ne change évidemment pas de genre et l’accord, s’il existe, se fait au féminin: El agua fresca, el arma blanca, el África negra

Pas de tranformation devant un adjectif : la alta responsabilidad, la áspera realidad.

Avec un indéfini, « un » est plus fréquent mais « una » n’est pas impossible : un arma, un hacha, un haba… ou una arma, una hacha, una haba.

 

DONT
« Cuyo » est totalement impossible et “del que”, “del cual” n’ont pas l’élégance du « dont » français. Si on trouve que cette traduction est trop lourde, on peut se contenter d’une coordination par « y ».

 

SUR

« Sobre » et « encima de » se distinguent parce que le second implique que l’objet sur lequel o pose l’autre est déjà surélevé : on dit « encima de la mesa » mais on ne peut pas dire « encima del suelo ». Pour traduire « sur la robe », on choisira donc « sobre » ou, plus simplement encore, « en ».

 

FUT GIFLÉ

L’espagnol n’emploiera pas spontanément le passif. « La nouvelle a été annoncée par le directeur » > la noticia, la anunció el director. « La nouvelle fut annoncée » > anunciaron la noticia.

L’usage de la troisième personne du pluriel comme dans l’exemple antérieur provoquerait ici un effet comique involontaire, comme si tous les convives se ruaient sur le pauvre enfant pour le gifler. Il vaut mieux une autre tournure comme « recibió un bofetón ».

 

POUSSER DES CRIS

Dar gritos. Poner el grito en el Cielo exprime une grande indignation : pousser de hauts cris, crier au scandale. Le texte est suffisamment ironique – surtout avec la précision « comme il fallait » - pour qu’on choisisse la deuxième solution.

 

COMME IL FALLAIT

L’espagnol ne ratant jamais une occasion de faire intervenir une référence à Dieu, la traduction qui s’impose est « como Dios manda », applicable à tout ce qui relève des convenances sociales. « Une fille comme il faut » (qu’on n’entend plus guère en français) se dira : « una chica como Dios manda ».

 

FAIRE VOIR

Manifestar algo. Manifestar por escrito = faire part d’une chose par écrit. El presidente en su discurso manifestó que = a fait savoir que.

 

ENCOURAGER

Animar (a un equipo, a una persona, etc.). L’échange verbal repose sur un jeu de mots intraduisible. Ferdinand utilise le verbe « encourager » pour reprocher à Honoré d’être faible, de ne pas jouer son rôle de père. Il « l’encourage » par défaut. Honoré, de mauvaise foi, fait semblant de prendre cet « encouragement » au sens actif (il lui a suggéré de le faire). Le texte joue donc avec le double sens et la mauvaise foi.

Au sens premier, la phrase signifie que le père est derrière son fils, en complice silencieux. Il n’a pas l’initiative de l’action mais sert de garant. Dans ce cas, l’espagnol utilise le verbe « respaldar » (= garder ses arrières).

Au deuxième sens, le père pousse son fils à l’action. « Respaldar » ne convient plus, il faut « animar » ou « azuzar ».

 

ACCIDENT

Il vaut mieux « percance », petit accident dont on essaie de minimiser la portée.

 

OUI ?

On peut traduire par « ¿De veras? » ou par « ¿Sí? »

 

FLAIR

“Olfato” ou “vista”

 

LE RAPPEL

Il ne s’agit pas du souvenir (passif) mais du fait de rappeler quelque chose à quelqu’un.

 

MAUVAIS TOURNANT

Dispute = Disputa, pelea, trifulca, riña.

Pour “mauvais tournant”, le dictionnaire ne propose rien de convaincant. L’espagnol dispose de plusieurs expressions pour dire qu’une situation évolue de façon négative.

El asunto empezaba a ponerse feo.

Tomar mal cariz. (Cariz = aspecto que presenta un asunto o negocio).

 

CE N’EST RIEN

Il faut penser aux emplois spécifiques du « SI » espagnol parfois difficiles à rendre en français. Il s’agit de marquer une sorte de rupture dans un dialogue effectif ou implicite.

¿Ha muerto? - ¡Si le vi ayer!  = je n’y crois pas, je l’ai vu hier.

Si no he sido yo = mais enfin, ce n’est pas moi...

¡Si lo sabe todo el mundo! Voyons, allons...

En début d’une proposition indépendante, « si » contredit une allégation antérieure, lève une réticence ou une incrédulité.

Si te lo digo yo = Mais puisque je te le dis (l’autre n’y croit pas)

Dans Mujeres al bordo de una ataque de nervios d’Almodovar on trouve cette réplique: ¡Si lo sabe media España! Le personnage contredit ainsi la phrase précédente.  C’est presque = tu te moques de moi, arrête un peu...

Nous nous trouvons ici dans une situation analogue. Il s’agit pour la femme du vétérinaire de s’inscrire en contrepoint de l’ambiance générale = mais enfin, allons...

 

SAVONNER

Jabonar, enjabonar (entièrement)

Dar jabón (de façon partielle) comme dar crema ou dar pintura.

 

ROUGES

Rougir : ruborizarse, ponerse colorado, sofocarse, abochornarse

Encendido : tener la cara encendida (le visage en feu)

Encendido por la ira : rouge de colère.

 

OH NON!

Tu parles, penses-tu, Allons donc = ¡Qué va!

 

REGRETTER

-          lamentar, sentir

-          regretter sa jeunesse : añorar (nostalgia)

-          regretter quelqu’un : echar en falta, echar de menos (tout le monde le regrette)

 

COMPRIT

Pescar : entender, captar con rapidez el significado de algo

 

ALLUSION

Indirecta.

 

VOILA QUE

Marque l’indignation. Alors, comme ça? Ou : ainsi donc? On trouvera en espagnol des expressions comme « con que ahora »… ou « y ahora resulta que » (quand on est en position d’accusé)

 

AVEC TES AIRS

Honoré reproche à Ferdinand son hypocrisie. Il joue la comédie du sacrifice pour la République et en réalité, c’est un conservateur, un « jésuite ».

« Ínfulas »  ne convient pas car réservé aux “airs de grandeur”. Par exemple « darse ínfulas de nobleza ». Il s’agit plutôt de « poner cara de », qui traduit bien l’idée de dissimulation.

 

PLEIN LES BOTTES

J’en ai plein les bottes : estoy hasta las narices, hasta la coronilla.

 

C’EST ÇA

L’expression est évidemment ironique. Il fait semblant d’approuver. En espagnol : ¡Vaya! ou ¡Dale!

 

POINT DE REPONSE

L’expression est plus recherchée que « pas de réponse ». Cet aspect peut être rendu en espagnol par la postposition de « alguna »

 

 

 


Traduction proposée
 
La verdad sale de la boca de los niños

En efecto a punto estuvo de ocurrir lo peor. Gustavo, quien ya había despertado la indignación de su madre metiéndose un ala de pollo en el bolsillo del pantalón de los domingos, intentó hacer engullir al perro un buen trago de vino tinto, y derramó medio vaso en el vestido blanco de su prima Luciana. Gustavo recibió un bofetón y las mujeres pusieron el grito en el cielo como Dios manda, pero el veterinario estaba tan enojado que no se abstuvo de manifestarlo.

- Claro que si siente que el padre le respalda, no se va a conformar con lo hecho.

- ¿Quieres decir que yo le he animado a echarle vino al vestido de la niña?

- Yo no dije que tú le animabas, dije que se sentía respaldado. Reconocerás que si te hubieras mostrado menos tolerante, no habría ocurrido el percance.

- Yo no reconozco nada de nada. Tú mismo estás diciendo que fue un percance.

- Un percance fácil de prever.

-¿Acaso tú lo habías previsto?

- Había previsto que iba a ocurrir algo por el estilo.

- ¿De veras? Pues lástima que no tuvieras tanta vista el otro día. Hoy no estaría tu carta en casa de Maloret...

El recordarle su torpeza ante toda la familia avergonzó al veterinario; su mujer sintió que la trifulca tomaba mal cariz (la cosa se ponía fea) y creyó que podría serenar los ánimos.

- Si no es casi nada. Bastará con darle un poco de jabón al sitio de la mancha...

Fernando, con las mejillas aún abochornadas por la humillación, le echó al vaso de vino una mirada irónica y dijo con sorna (con risa burlona, sarcástica, socarrona...)

- ¡Qué va! Éste no puede manchar.

Casi al instante (en el acto) lamentó haberse burlado. Honorato, quien tenía sospecha de que la Adelaida aguaba el vino de los invitados, pescó (cazó) la indirecta al vuelo.

- ¿Es verdad lo que dice Fernando, que tú le echas agua al vino?

La Adelaida y Fernando protestaron a coro (a un tiempo).

- ¡Y ahora resulta que yo le echo agua al vino!

- ¡Jamás dije semejante cosa! protestaba el veterinario con su voz atiplada.

- ¡Si que lo has dicho! dijo Honorato con su voz de trueno. Y no lo has dicho francamente, porque tú no sabes decir nada francamente, porque siempre serás el mismo jesuita, aunque pongas cara de morir por la República cada vez que amanece. Igual que tu general Boulanger. ¿De dónde saldrá ahora ese individuo? ¡Un mamarracho (cantamañanas) beaturrón (meapilas) con rosarios hasta las narices! ¡La hostia consagrada! Yo, ¡agua en el vino!

- Te aseguro que no me entendiste, Honorato, yo no dije...

- Vaya, hombre, y encima soy un cretino (un alcornoque, un gilipollas [pop]), y los demás tampoco habéis entendido...

Honorato no le estaba preguntando nada a nadie ni esperaba contestación alguna. Hubo un momento de silencio y Antonio declaró con voz algo temblorosa porque sabía que sus palabras no eran de las que  pudiese expiar con un castigo de quinientos renglones:

- Pues a mí me ha parecido entender, por lo que decía mi padre, que le habíais echado agua al vino.