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La malpeada Commentaire et traduction de la version de Vargas Llosa
1. Considérations générales Même quand on ne connaît pas le roman, il suffit de lire le passage pour comprendre qu’on y « entend » la voix d’un personnage-narrateur qui s’exprime dans un espagnol familier et même assez vulgaire (« carajear » par exemple). On comprend aussi que ce personnage-narrateur est pensionnaire dans un établissement scolaire (le mot « colegio » apparaît à la fin) où règne un climat assez rude et que les insultes ainsi que les échanges de coups y sont monnaie courante. En outre les mots « cuadra », « botines » et surtout « sección » évoquent un cadre militaire – ce qui est effectivement le cas dans le roman de Vargas Llosa. Ces quelques éléments donnent une première orientation pour ce qui est des choix de traduction. Ainsi ne faudra-t-il pas hésiter à employer parfois des expressions du langage parlé ou argotique si l’original lui-même semble l’exiger. Plus importante encore que la question du lexique est celle de la syntaxe : il faut se garder de toute incorrection caractéristique en français, qui serait lourdement sanctionnée, mais ne pas employer des tournures trop élaborées ou élégantes qui seraient incongrues dans la bouche d’un tel personnage. Ne pas oublier que la technique romanesque est ici celle du monologue intérieur, avec des inflexions proches de ce qu’on appelle « flux de conscience » (stream of consciousness) : il y a des sauts associatifs, des lacunes dans l’information, des petites ruptures de construction, un usage des temps verbaux peu orthodoxe, une ponctuation qui serait considérée comme hésitante ou imparfaite dans un autre contexte. Mais tout cela reste extrêmement discret si on compare ce passage avec certains textes de James Joyce ou de Virginia Woolf qui sont les premiers grands expérimentateurs du genre. En réalité, l’un des principaux problèmes en ce qui concerne la syntaxe relève d’une caractéristique assez générale de l’espagnol par rapport au français et qu’on retrouve donc dans une infinité d’autres textes : il s’agit de l’usage répétitif de la conjonction de coordination « y » à l’intérieur de la même phrase. La répétition de « et » passerait très mal en français sauf si l’on devine une intention très claire de l’auteur (pour mieux reproduire justement les processus de pensée du personnage). Il vaut mieux se contenter de virgules et de garder le « et » pour la dernière proposition. Mais rien n’empêche de chercher parfois d’autres solutions : on peut songer à « puis », « aussi », « encore », ou à des formules un peu plus expressives. Pour clore une suite d’actions, je vous proposerai par exemple de traduire un « y después » par « après quoi ». Le fait qu’il s’agisse d’un monologue intérieur a en outre deux conséquences importantes pour la traduction des temps du récit.
Revenons donc à notre texte après ces
éclaircissements.
Boa est en train de penser à ce qui s’est passé la nuit précédente. Et
son
« flux de conscience » l’amène à s’y plonger à
nouveau en actualisant
dans son monologue intérieur des faits révolus. C’est du passé mais
envisagé de
façon « sécante » comme si l’action de
« envolver » était
encore en train de s’accomplir (c’est bien ce que signifie le mot
« im-parfait » :
non-parfait, c’est-à-dire non-parachevé). Cette
caractéristique de l’imparfait est
commune à l’espagnol et au français (elle remonte au latin où
l’opposition
perfectum / imperfectum était encore bien plus marquée que dans les
langues
romanes). Conclusion,
après tous ces
détours : il fallait garder tous les imparfaits du texte même
si cela
semblait parfois « bizarre ». Cette
« étrangeté » n’était
pas une incorrection ou une « faute de temps » mais
la conséquence
d’une technique narrative bien précise, celle du « stream of
consciousness ». Le personnage-narrateur se revoit
« en train de »
et ce passé est à la fois révolu et non-accompli puisque envisagé à
partir d’un
point intermédiaire qui vient « couper » l’action
entre son début et sa
fin. Il arrive aussi, bien sûr, que ces actions passées soient
envisagées de
façon homogène depuis le début jusqu’à la fin et elles sont
alors dites au
prétérit (à traduire plutôt par des passés composés). Et les verbes
sont logiquement
au présent quand le présent de l’énoncé correspond au présent de
l’énonciation.
Tel est le système verbal de ce passage où le
« temps » se dédouble
en temps chronologique (opposition passé/présent) et en temps
« aspectuel »
(opposition entre vision sécante et vision non-sécante).
2. Commentaire détaillé
Malpapeada :
Fallait-il traduire le nom de la
chienne ? Ou de
façon plus générale : faut-il traduire les noms
propres ? C’est une
question qu’en se pose souvent et à laquelle il n’existe pas de réponse
unique.
Il faut tenir
compte de plusieurs
facteurs : d’une part l’espagnol a plus l’habitude de traduire
(ou
d’adapter l’orthographe) que le français ; ensuite il faut se
demander si
l’usage existe déjà pou tel ou tel nom (il est évident par
exemple qu’on
ne peut pas garder en français don Quijote puisque Don Quichotte existe
depuis
toujours ou Sevilla puisque Séville est d’usage courant mais lorsqu’on
trouve
en espagnol Nueva York ou Marsella, il faudra bien sûr
« traduire »
par New-York ou Marseille) ; on aura aussi plus tendance à
traduire des
noms et des prénoms courants que des noms et des prénoms peu usuels,
etc. Il
n’existe aucune règle impérative sauf une : il faut essayer de
traduire
lorsque le nom propre est « significatif ».
Normalement un nom propre
est un signifiant qui a un référent sans avoir de signifié. Autrement
dit : il n’a pas de sens et c’est justement pourquoi
« on ne traduit
pas » puisqu’il n’y a aucun sens « à
traduire ». Dans la réalité
historique il en va autrement : la plupart des noms et des
prénoms ont un
« sens » mais ils l’ont perdu et sont devenus
« arbitraires ». On peut s’appeler
« Leroux » et avoir les
cheveux bruns. Mais
il est fort probable
qu’en remontant dans le temps, le premier « Leroux »
était effectivement
rouquin. Beaucoup de noms dérivent de surnoms, les prénoms
« bibliques » ont tous un signifié qui est très
souvent explicité
dans le texte, etc. Si les noms étaient effectivement arbitraires on ne
voit
pas pourquoi le choix d’un prénom par les parents serait l’occasion de
tant de
discussions ou de mystères. Or il en va de même du romancier qui
choisit les
noms de ses personnages, qui sont en quelque sorte ses
« enfants ».
C’est pourquoi la traduction s’impose dans certains cas – et surtout
quand le
nom est un surnom. Or « Malpapeada » est de toute
évidence un surnom
où l’on distingue très nettement le mot « papear »,
qui est très
familier pour « comer »,
un
peu comme « bouffer » en français
(« papear » dérive de
« papa », lui-même familier pour
« patate »). Or on sait
que la « patate » vient d’Amérique où elle était déjà
cultivée par
les Incas. Il est donc assez normal qu’on trouve des dérivés de
« papa » dans la langue familière du Pérou. Bien
qu’il n’apparaisse
pas dans le DRAE, le verbe « papear » est courant en
Espagne mais
réservé à une langue très familière. J’ai l’impression en revanche que
l’usage
du participe passé au sens « moyen », comme dans
« Este tipo se
le ve bien papeado », est
un
américanisme. On le trouve en tout cas dans le dictionnaire
d’américanismes
sous la rubrique « jerga peruana ».
Voir : http://www.americanismos.com/ejemplos-de-peruanismos/3 Les « cadetes » de l’école
militaire ont
baptisé cette chienne « Malpapeada » pour la bonne
raison qu’elle n’a
pas dû être très bien nourrie et qu’elle a toujours l’air affamé. Il
convient
de traduire, faute de quoi le lecteur français perdra quelque chose du
« sens » de ce nom, qui est en réalité un surnom. On
peut penser à
l’Affamée, qui respecte le sens mais pas le niveau de langue, ou à des
expressions plus argotiques comme « Crève-la faim »
ou
Crève-la-dalle ».
« Con la almohada » L’espagnol n’oppose pas
vraiment « oreiller » et
« traversin », qui sont
conçus comme deux types d’almohadas. Dans un dortoir de type caserne,
on
imagine plutôt des « polochons » (cf. les
« batailles de
polochons »). Ce
qu’on n’imagine
pas très bien c’est qu’on puisse « envelopper » un
animal (ou une
personne) dans un traversin ou même dans un oreiller. Nous sommes
encore une
fois dans le flou propre au « flux de
conscience » : c’est comme
si après « frazada » le personnage-narrateur avait
oublié le sens
concret du premier verbe pour ne garder que l’idée de
« couvrir pour
mettre au chaud ». On peut garder cet
« effet » en français mais
pas avec un verbe de type « enrouler », surtout si
votre traduction
implique que ce soit la chienne qu’on « enroule »
autour de la
couverture ou de l’oreiller : il y a dans le texte une légère
discordance
de sens mais pas un effet de cocasserie. Je trouve même que le verbe
« envelopper » passe assez mal en français (mais je
reconnais que
c’est assez subjectif). Je me demande s’il ne serait pas préférable
d’augmenter
le « flou syntaxique » en supprimant le deuxième
« con » et
écrire : « Je l’enveloppais dans la couverture et
puis après le polochon ».
On pourrait peut-être aller jusqu’à supprimer le lien syntaxique entre
« envolvía » et « almohada », ce
qui donnerait :
« je l’enveloppais bien dans la couverture avec le polochon
par-dessus », ce qui serait aussi vague du point de vue de la
grammaire
mais un peu plus « logique ».
¡Ni por ésas! « Ni » est évidemment mis pour « ni siquiera ». L’expression dans sa totalité est très fréquente en espagnol parlé mais délicate à rendre. Elle signifie quelque chose comme : « même pas de cette façon », ce qui est très lourd et constitue davantage une explication qu’une traduction. Il faut essayer de trouver une solution adaptée à chaque cas. On peut songer à une expression française, qui à son tour n’a pas d’équivalent exact en espagnol, comme « avoir beau » : « mais j’avais beau faire, on ne cessait pas d’entendre ses hurlements ». Une exclamation comme « tintin ! » serait excessive ici mais pourrait convenir dans d’autres textes. (Aucune référence au personnage de BD mais à une expression argotique « faire tintin » qui signifie « être privé de quelque chose », en particulier d’alcool, d’où l’idée globale de « manque de résultat » : on se démène pour rien). Dans le même ordre d’idée on peut songer à l’exclamation « bernique ! », qui est peut-être un peu vieillie. Il y a aussi « que dalle », etc. Soulignons que les expressions de ce type sont
fort
courantes en espagnol. Elles reposent sur une association de deux
« formes
marquées » (le féminin et le pluriel) dans un sens allusif et
généralisant
sans qu’existe aucun référent concret. Cf des formes verbales comme
« arreglárselas » ou « no
llevarlas todas consigo », « pasárselas de
listo », des
locutions adverbiales comme « a
oscuras », « a gatas », « a
tientas », « a
ciegas », etc.
On
trouve aussi des expressions de ce type au féminin singulier :
« pegársela a uno » par exemple (le
tromper, le mener en
bateau). En français des constructions analogues ne manquent
pas :
« en voir des vertes et des pas mûres »,
« les mettre (pour
filer à toute vitesse) » ou, au singulier, « se la
couler
douce », « l’échapper belle », etc. Le
problème pour le
traducteur c’est que bien souvent ce genre d’expressions ne coïncident
pas
d’une langue à l’autre.
A cada rato parecía que se ahogaba y
atoraba y era
terrible Voir plus haut :
remplacer les conjonctions de coordination par une simple
juxtaposition.
En toda la cuadra Il ne peut pas s’agir
d’une écurie ou d’un pâté de maisons (usage fréquent en Amérique
latine)
puisque nous sommes dans un dortoir (sens 5 du RAE :
« sala de un cuartel, hospital o prisión en que duermen muchos
»). S’agissant d’un établissement à
statut militaire le mot « chambrée » s’impose en
français.
En otra época, pase Phrase très courte et
difficile à comprendre hors contexte : elle est justement
caractéristique du « flux
de conscience » et des « lacunes
informatives » propres à cette
technique littéraire. Mais le contexte est en réalité donné dans les
phrases
suivantes, même si c’est sous une forme imprécise. On trouve en effet
tout de
suite « pero como todos andan nerviosos » dont le
présent s’oppose
évidemment à « otra época ». On trouve aussi un peu
plus loin :
« ahora que estamos tan deprimidos ». On en déduit
que quelque chose
vient de se passer qui a détérioré le climat du collège. Ce qui aurait
« passé » avant cet épisode (« en otra
época ») ne
« passe » plus, les élèves ne supportent pas les
hurlements de la
chienne, il serait inconvenant d’organiser un grand pugilat
(« no era cosa
de machucarse »). Lorsqu’on lit le roman, on sait qu’un élève
vient de
recevoir une balle dans la tête lors d’un entraînement militaire et il
s’avèrera, un peu plus tard, que c’est un autre élève qui l’a
assassiné. Même
si on ne disposait pas de ces informations, le texte était suffisamment
explicite pour qu’on devine l’existence d’un événement ayant bouleversé
la vie
quotidienne au collège. Le verbe « passer » a le même
sens en
français dans l’expression « passe encore ». Cf les
exemple du
TLFI : Passe (encore). C'est
acceptable à la rigueur. Passe pour cette fois, mais que je ne t'y
reprenne pas.
Décrire ce qu'on voit, passe encore; voir ce qu'il faut décrire, voilà
le
difficile (L. FEBVRE, Examen de consc. hist., [1933] ds Combats, 1953,
p.8). Que
ces racontars courent les boutiques des barbiers, passe encore. Mais
les
entendre sur le trône de saint Pierre, c'est cela qui est décourageant
(MONTHERL.,
Malatesta, 1946, III, 5, p.503). Le choc entre le
passé (« en otra época ») et le
présent (« pase ») relève de ce que j’ai dit pour
commencer :
interférence du temps de l’énoncé et du temps de l’énonciation propre
au
« flux de conscience ». Pour garder cet effet, il
vaut mieux dire
« A une autre époque, passe encore » plutôt
que « A une
autre époque, cela aurait pu passer ». « Passe
encore » désigne
l’acceptabilité en soi d’un fait ou d’un comportement au-delà de la
chronologie
des événements. L’expression est donc invariable, dans un présent à
valeur
générale.
"sácala o
llueve" Ce qui va pleuvoir, ce
sont évidemment les coups. Le verbe peut avoir ce sens là en français.
Si on
veut lever toute ambigüité, on a l’embarras du choix :
« ça va être
ta fête », « tu
vas
déguster », « tu vas écoper », « tu
vas trinquer »,
etc. Le verbe
« sortir » au sens du factitif « faire
sortir » est
possible surtout à l’oral, ce qui est le cas ici. Mais je pense que ces
sales
gamins auraient employé une expression plus énergique du style
« Fous-la
dehors ». C’est le genre de petites transpositions qu’on peut
se permettre
pour que le texte retrouve une certaine vivacité que la traduction
supprime
forcément dans d’autres passages : l’équilibre global est
ainsi respecté
entre ce qu’on perd et ce qu’on gagne.
Guapeando Voici ce qu’en dit le
DRAE. guapear (De guapo). 1. intr. coloq.
Ostentar ánimo y bizarría
en los peligros. 2. intr. coloq. Hacer alarde
de gusto
exquisito en los vestidos. 3. intr. Bol., Chile,
Cuba y Ven. fanfarronear. 4. intr. Ven. Resistir con valor
golpes físicos o morales sin manifestarlo expresamente. On se trouve à nouveau face à un américanisme et dans un registre de
langue familier. A
noter que le sens actuel de l’adjectif « guapo » en
espagnol est un
sens dérivé de l’argot et qu’il désignait à l’origine le voyou, le
vaurien,
sens qui a été conservé dans le français « gouape ».
On peut penser à
des expressions comme : Faire le beau (avec la même dérivation
qu’en
espagnol), faire le matamore, rouler des mécaniques, jouer des
mécaniques, etc.
L’idée est facile à comprendre : s’il veut éviter de recevoir
une trempe,
le Boa doit tenir en respect ses camarades de chambrée. Cela lui est
relativement facile car il a une carrure virile qui en impose
physiquement – ce
qu’explicite d’ailleurs son surnom qui fait référence à un détail bien
précis de
son anatomie. Mais cette intimidation a des limites. Elle joue au
« un par
un » mais pas quand ils s’approchent ensemble de son lit.
Botines Le français « bottines » ne
convient pas car le
mot désigne des chaussures en cuir fin avec une connotation féminine.
Or il s’agit
évidemment de bottes militaires. Inutile en revanche d’en rajouter dans
l’argot
avec une traduction comme « godasses ».
Machucarse Le
verbe « machucar » n’est pas en lui-même
argotique. On le trouve par exemple dans une recette de
cuisine : « Vienen
luego las almendras, que se pelan en agua caliente y se machucan
bien ». Il signifie alors réduire en morceaux par des coups (=
machacar). En revanche, la forme pronominale, appartient au registre de
la
langue parlée. On a le choix entre « se bagarrer »
ou, en puisant
dans l’argot, « se friter », « se
castagner », « déclencher
la baston », etc. Il faut bien montrer dans la traduction que
le
personnage n’a pas peur de se battre seul contre tous mais qu’il trouve
cela « inconvenant »
étant donné les circonstances présentes.
La saqué Je l’ai sortie ou je l’ai fait sortir.
NB. : avec « faire »
et « laisser » (+ infinitif) le participe ne
s’accorde pas avec le
COD même si celui-ci est placé avant.
Al darme la vuelta Attention aux contresens. Le Boa ne regarde pas en
arrière. Il fait demi-tour et « sent » que la chienne
le suit. Le
verbe « sentí » ne permet pas de comprendre autre
chose : s’il s’était
retourné, il l’aurait vue, il ne l’aurait pas
« sentie ».
quédese donde la he dejado Le vouvoiement lorsqu’on s’adresse à des amis (et
même à
des animaux comme ici) est relativement fréquent en Amérique latine,
surtout si
l’on veut pour une raison ou pour une autre marquer une distance. D’une
façon
générale il est impoli de tutoyer un inférieur (domestique, garçon de
café,
etc.) puisque cela insiste sur la différence de rang. Ud. a ici les
deux sens :
il s’adresse à un chien qui est un « inférieur » et
il veut en même
temps marquer les distances, éviter toute familiarité qui pourrait
déboucher
sur un mouvement de tendresse ou de pitié. Il vouvoie la chienne parce
qu’il
veut être dur avec elle. Je crois que toutes ces nuances sont peu
compréhensibles en français et qu’il vaut mieux employer la seconde
personne du
singulier.
por llorona la préposition « por » indique
évidemment la
cause. « Pour pleurnicheuse » ne voudrait rien dire
en français. Il
faut préciser : puisque tu es une pleurnicheuse.
Remarque : « pleurnichard »
ajoute général une connotation péjorative que
« pleurnicheur » n'a
pas forcément. Mais aucun des deux adjectifs ne me semble très
« naturel »
dans le contexte. On peut songer à d’autres solutions.
La hierbita Usage très habituel du diminutif en Amérique
latine. Il
faut transposer.
Y a lo mejor llovía La traduction littérale passe assez mal en
français. Il
suffit de peu de chose pour aboutir à une expression bien plus
naturelle.
Congelándose C’est l’un des cas où le français possède une
expression
très courante avec un pluriel féminin allusif (voir plus haut) qu’on
emploie,
malgré l’allusion, pour les deux sexes. Pourquoi ne pas
l’utiliser ? Ce n’est
pas de la « surtraduction » puisque l’espagnol ne
dispose par d’une
expression analogue (avec « las »). On respecte
simplement les
habitudes de chacune des deux langues.
Murmurar Attention au contresens. La chienne ne
« murmure »
pas. Cf DRAE : « Hablar
entre dientes,
manifestando queja o disgusto por algo. » Il faut traduire par un verbe
comme
« grogner ».
Jalar Très
courant en Amérique latine. Tirer.
Taparse Si on
traduit par couvrir il y a une répétition assez maladroite avec
"couverture" qui n’existe pas
dans le texte espagnol.
Calorcito Si l’on
veut traduire le diminutif, il faut trouver un adjectif.
Chusco Américanisme
du Pérou relevé dans le DRAE : 2. adj. Perú.
Dicho de un animal cruzado (de castas distintas). La suite de la
phrase ne laisse pas de doute et la traduction la plus simple est
« bâtard ».
Alma blanca Il faut garder « âme blanche » parce que c’est le titre d’un roman et surtout d’un vieux film (1926) qui eut beaucoup de succès à l’époque et dont il y eut plusieurs remakes (en particulier une version sonore en 1934 ) : « El negro que tenia el alma blanca ». En français, « Boy, le noir qui avait l’âme blanche ». Voir sur Youtube https://www.youtube.com/watch?v=YDJ9mOWNXek Aussi incroyable que cela puisse paraître aujourd’hui, le film se voulait « anti-raciste » et c’est pourquoi le cinéaste avait choisi ce titre ! Un noir qui éprouve des sentiments « élevés » doit avoir « l’âme blanche » ! Malgré son racisme « inconscient », l’expression est passée dans la langue courante en Espagne et en Amérique latine au point qu’un groupe argentin de cumbia Meta Guacha en a fait une chanson « engagée ». Voir encore sur Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=gdOxWZj-VcU Je vous laisse donc « en musique » avant de passer à une traduction possible de ce texte. 3. Traduction proposée
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